Le défi de l’emploi et de la formation

Écrit par Olivier Rigaud. Publié dans Société

Le président de la région Centre – Val de Loire, François Bonneau, est intervenu vendredi 9 juin au centre culturel d’Yvremont, à Olivet, dans le cadre de la campagne des élections législatives dans la première circonscription du Loiret d’Olivier Jouin, investi par le PS, le PRG et EELV, et sa suppléante, Margareth Missimily-Beraho. Il a abordé devant une quarantaine de personnes les questions d’emploi et de formation.

François Bonneau est brièvement revenu sur le mandat de François Hollande : « Peut-être aurait-il fallu faire un CICE différemment, mais il fallait le faire pour redonner de l'énergie. C'était une bonne chose, et ce n'est pas facile, pour un homme de gauche, que de soutenir l'économie. Hollande l'a fait sans que s'effondrent les garanties sociales comme dans d'autres pays. Ce qu'on ne nous a pas pardonné, ce sont les résultats sur le chômage. Ils ont occulté des choses fortes qui ont été faites sur la santé par exemple. »

 

Aujourd’hui, « nous avons besoin de femmes et d'hommes capables de porter les attentes du terrain. L’empilement annoncé des ordonnances, estime-t-il, vient plutôt fragiliser les hommes et les dispositifs. Est-ce que l'idée de la sécurité professionnelle n'est pas meilleure que celle d'un marché dérégulé ? Faut-il casser les reformes en cours sans évaluation ? »

Sur l’emploi, le président de la Région observe combien le manque de qualifications peut être pénalisant. Pourtant, « les formations, rappelle-t-il, nous les avons construites territoire par territoire, en fonction des besoins de chaque bassin. Et on a du mal à les remplir… Des gens ont perdu espoir. La valeur emploi est pourtant fondamentale. Quant à l’apprentissage, certains le jugent honteux. Mais l'alternance, la confrontation avec le réel, les jeunes l'ont intégrée positivement. »

« Il y a désormais une responsabilité importante de la région dans l'économie. Les chefs d’entreprise que je rencontre me disent que les commandes et la trésorerie vont un peu mieux. Mais, systématiquement, ils se plaignent de la formation. La ressource humaine, la richesse humaine est au centre, au cœur de l’économie. C’est pour cela que nous cherchons à créer un écosystème territorial qui marche, favorable aux entreprises. Une PME, un Start-uper doit trouver un environnement autour de lui, pour aller vers l'international, pour être accompagne dans l'innovation. Une vision de technocrate éloigné du terrain, ça ne donne rien. Les entreprises, ici, se mettent en réseau, inventent des produits nouveaux et sont enracinées. Une économie moderne est réactive et solidaire. »

François Bonneau est revenu sur les postes à haute technologie que l’on a du mal à fournir dans différents secteurs comme l'agro- alimentaire (conducteurs de ligne), l'aéronautique ou l’industrie pharmaceutique... « Pourtant, c'est du numérique, ça parle aux jeunes. Mais, il faut recréer les boucles, les rencontres entre les entrepreneurs et ceux qui cherchent un emploi ou une formation. Chacun est trop dans son tuyau ». Et de raconter comment des portes ouvertes à Pôle emploi ont permis de nouer plus de 600 contacts et projets entre les jeunes, les chômeurs et ces entreprises de la région. Et de conclure que ce n’est plus l’économie qui crée des milliers d’emplois, « c'est la qualité de la ressource humaine qui crée de la richesse économique. »

Olivier Rigaud

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