Terres de Loire - ACCUEIL TERRES DE LOIRE http://www.terresdeloire.com/index.php/fr/component/content/?view=featured Wed, 01 Dec 2021 19:00:34 +0000 Joomla! - Open Source Content Management - Version 2.5.28 fr-fr Visite dans l’atelier de Ludovic Deplanque, tourneur sur bois à Cléry-Saint-André http://www.terresdeloire.com/index.php/fr/culture/2854-visite-dans-l-atelier-de-ludovic-deplanque-tourneur-sur-bois-a-clery-saint-andre http://www.terresdeloire.com/index.php/fr/culture/2854-visite-dans-l-atelier-de-ludovic-deplanque-tourneur-sur-bois-a-clery-saint-andre

Ludovic Deplanque, tourneur sur bois à Cléry-Saint-André, a accueilli l’équipe de tournage de l’émission « La maison France 5 », présentée par Stéphane Thebaut, vendredi 17 janvier en matinée.

De passage en Centre – Val de Loire, le présentateur a, entre autres, visité l’atelier tuilerie de La Breche à Ligny-le-Ribault ; l’artisan d’art Damien Dreiss (travaux sur bois et lumière) à Villeny, dans le Loir-et-Cher ; l’atelier de sculpture et calligraphie de l’artiste Valentine Herrenschmidt, à Orléans ; ou encore la maison d’hôtes de charme Le moulin Saint-Julien, à Olivet, dont la propriétaire a dédié sa carte blanche à Ludovic Deplanque.

C’était donc l’occasion de profiter de l’ouverture des portes de son atelier pour aller à sa rencontre. Alsacien d’origine, Ludovic Deplanque est passé par Saint-Pryvé-Saint-Mesmin et Dry avant de s’installer à Cléry en 2015. Il a doucement réorienté son travail de l’agencement vers le tournage sur bois, travaillant des pièces épurées, contemporaines, dédiées à la déco : « Je me suis lassé de l’approche utilitaire ».

Des sphères de bois évidées, parfois pleines d’aspérités et de cicatrices, de failles et de brûlures, d’autrefois plus lisses ou brillantes qu’une création en céramique, s’exposent sur quelques étagères. Certaines, encore trop vertes, attendent nichées dans des tas de copeaux de bois, protégées « des chocs thermiques ». Des planches, des outils partout au mur, des machines : le tour à bois, le touret à eau, des scies, l’indispensable tronçonneuse… C’est l’univers du créateur.

Sa matière première vient de la région, toutes les essences l’intéressent, mais principalement les frênes et les érables pour leur veinage ou les cerisiers pour leur odeur. « Je cherche des bois qui ont tendance à partir au feu, indique-t-il, un rondin rongé par les champignons dans les mains. Je viens creuser l’intérieur du tronc, je travaille le cœur. » Percée, trouée, craquelée, fissurée, veinée, brossée, huilée, chaque pièce, unique, raconte l’histoire de l’arbre dont elle provient.

Par une bouche d’entrée très étroite qui fait sa signature, il évide le morceau de bois avec des outils maisons : « J’y vais au ressenti, comme un aveugle, en fonction de ce qui passe à travers l’outil. » Les parois sont si fines à l’arrivée - jusqu’à 3 mm ! - qu’il sera prochainement en mesure de proposer des luminaires en bois de transparence. Vous pourrez bientôt découvrir ses œuvres sur la zone d’activité de Cléry où il doit déménager une partie de l’atelier dès le printemps. Il y proposera des stages et initiations destinés aux professionnels et aux amateurs.

Sur Facebook : @latelierdeplaniak

« La maison France 5 : Centre - Val de Loire » sera diffusée le vendredi 21 février 2020 à 20h50.

Chaque vendredi soir, dans « La maison France 5 », Stéphane Thebaut découvre une ville ou un territoire, à travers l'architecture, la décoration, l'artisanat local et la visite de lieux uniques. Autant d'endroits qui permettent de trouver de l'inspiration pour réaménager son intérieur, renouveler sa décoration et découvrir de nouveaux talents. Un habitant ou un architecte a « carte blanche » pour partager ses adresses « coups de cœur » et apporter un discours authentique sur sa ville.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur france.tv

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origaud@terresdeloire.com (Olivier Rigaud) En vedette CULTURE Fri, 17 Jan 2020 15:22:07 +0000
Vers une transition agroforestière http://www.terresdeloire.com/index.php/fr/nature/2853-vers-une-transition-agroforestiere http://www.terresdeloire.com/index.php/fr/nature/2853-vers-une-transition-agroforestiere

A l’invitation de la station de recherches pluridisciplinaires des Metz (SRPM), près de Saint-Sauveur-en-Puisaye, une trentaine d’acteurs du monde rural, agriculteurs, forestiers, vignerons, élus ou agents d’administrations se sont réunis chez Vincent Lefèvre, agriculteur à Saint-Fargeau, à l’occasion d’une journée technique dédiée à l’agroforesterie et aux trognes.

« L’arbre à toute sa place dans les champs »

Installé en 2015 sur la ferme familiale convertie en bio depuis 1986, Vincent Lefèvre, ingénieur agronome de formation, a accueilli avec enthousiasme l’équipe de la SRPM et la trentaine de participants à la journée consacrée à l’agroforesterie et aux trognes pour échanger, partager sur ces thématiques qui intéressent de plus en plus d’acteurs ruraux.

Vincent Lefèvre pense sa ferme sous différents angles, la production bien sûr mais également la biodiversité, l’esthétisme du paysage... L’agroforesterie est donc pour lui une démarche évidente. « L’idée de planter des arbres sur une parcelle hydromorphe va améliorer la circulation de l’eau. Les différentes essences d’arbres choisies stratégiquement jouent un rôle incontestable dans la gestion de l’eau », explique Vincent Lefèvre.

Les racines favorisent la porosité du sol, qui contribue à une meilleure rétention d’eau en période sèche et à un meilleur drainage en période humide. Les bandes enherbées constituent des sanctuaires de biodiversité favorables à l’implantation d’auxiliaires, indispensables aux cultures. C’est donc après avoir mûrement réfléchi à son projet qu’il se lance en 2017 avec l’aide du bureau d’études Agroof, spécialisé en agroforesterie, le Centre régional de la propriété forestière et des personnes connaissant bien le terrain.

 


 

S’il est bien trop tôt pour tirer un premier bilan, Vincent est tout à fait satisfait de sa démarche même si quelques échecs ont été identifiés (par exemple la mort de certains arbres). « J’en tirerai des bénéfices dans une dizaine d’années. J’envisage d’ailleurs en 2020 de renouveler ma démarche sur une autre parcelle avec toujours une grande diversité d’essences car plus il y a une diversité d’arbres, plus il y aura d’arbres qui s’en sortiront, comme en forêt. »

Même si Vincent Lefèvre fait figure de pionnier dans la région, il semble qu’il va prochainement être rejoint par de nouveaux agriculteurs souhaitant développer l’agroforesterie. « Nous avons de plus en plus de demande de la part d’agriculteurs sur ce type de démarche. La présence d’une trentaine de participants aujourd’hui témoigne indéniablement de l’attrait pour cette pratique », souligne Gaëlle Massé, coordinatrice de la SRPM. « C’est sûr qu’il y a un frémissement. Il n’y a pas de mystère, après deux années de sécheresse, l’enjeu c’est la résilience par rapport à la sécheresse. Et l’arbre a un rôle important à jouer. Ici, il y a de la ressource forestière importante, il faut en profiter », explique un participant. Et un autre agriculteur d’ajouter : « Il ne faut pas être indifférent, il faut être à l’écoute de cette démarche. Les sécheresses successives nous marquent et il est certain qu’il faut faire évoluer nos pratiques. Celle-ci peut en être une ! »

 


En organisant cette journée technique sur le terrain, la SRPM a également proposé à Vincent Lefèvre d’échanger autour des haies qui entourent ses parcelles. Des haies avec de belles trognes certes, mais des trognes qui n’ont pas été gérées depuis de nombreuses années. Et comme l’on évoqué de nombreux participants, « une trogne non gérée ne remplit pas tous ses rôles. Plus vous cultivez une trogne, plus elle vous apporte. » Ces arbres aux formes diverses, très présents en Puisaye, résultent d’un mode d’exploitation spécifique, l’étêtage régulier. On leur a coupé le tronc, ou les branches maîtresses, pour provoquer le développement de repousses végétales (rejets).

La coupe périodique, tous les 4-5 ans, donne ainsi une étrange silhouette avec plusieurs troncs, têtes ou bras. Ces arbres avaient jadis un rôle important pour les agriculteurs. Selon les essences, chênes, charmes, saules, frênes, les trognes les fournissaient en bois (pour le chauffage, la fabrication de charbon de bois, fagots de boulange…), en fourrage pour les animaux, en fruits (glands, châtaignes). Les rameaux pouvaient également servir pour des usages domestiques (manches d’outils, piquets, vannerie…).

Intégrées dans les haies, en bord de rivières ou de chemins, les trognes étaient également utilisées comme abris pour les animaux, voire de délimitation pour les parcelles. Mais, au milieu des années 50, la mécanisation de l’agriculture a eu raison des trognes alors que des milliers de kilomètres de haies ont été arasés.

 


Aujourd’hui, grâce à des fervents défenseurs du monde rural comme Vincent Lefèvre, les trognes reviennent sur le devant de la scène. Elles ne sont plus considérées comme des obstacles à l’agriculture, mais bien comme des éléments à part entière qu’il est nécessaire de préserver. En effet, leur rôle dans le paysage rural, dû à leur forte biodiversité, est mis en avant. Les trognes sont notamment des refuges indispensables pour la faune qui s’y abrite : oiseaux, insectes, mammifères…

Les nouveaux usages des trognes (réserve de biodiversité, de bois énergie…), vont peut-être leur redonner leur utilité. Et c’est bien pour ces différentes raisons que les participants à cette journée se sont rassemblés pour échanger autour de cet élément du paysage et pour également suivre la démonstration de professionnels qui redonnent vie à la haie et aux trognes.

« Cette journée sur le terrain est une réussite, riche d’échanges, de retours d’expériences, d’interrogations. Elle a permis de nombreux partages entre personnes qui s’interrogent sur ces pratiques. Nous poursuivons cette démarche en organisant une formation le 14 janvier prochain, intitulée « Des arbres pour mes vaches » ou comment optimiser le rôle des arbres dans les systèmes d’élevage. »

En février, la station de recherches pluridisciplinaires des Metz accueille la tournée nationale de formation « La trogne : l’arbre aux mille usages. De la théorie à la pratique » organisée par l’association Française d’Agroforesterie. Une formation, animée par l’un des spécialistes de la trogne, Dominique Mansion de la Maison Botanique de Boursay (dépt. 41), à ne pas rater.

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emmanuel.parfait@orange.fr (Emmanuel Parfait) En vedette NATURE Sat, 04 Jan 2020 20:21:13 +0000
Ecoutez... les Chemins vous parlent ! http://www.terresdeloire.com/index.php/fr/nature/2852-ecoutez-les-chemins-vous-parlent http://www.terresdeloire.com/index.php/fr/nature/2852-ecoutez-les-chemins-vous-parlent

Trois jours de dialogues et de fête autour de l'agriculture, de l'alimentation à travers le pays grâce aux fous de bassan!

 

Enracinées dans l’histoire profonde de la Loire et de la Beauce, les lettres du Pays quand elles s’envolent ressemblent aux plumes des fous de bassan ! Si blanches qu’elles en deviennent, dans la lumière, éblouissantes. Leur éclat perdure sur le sol et c’est ainsi, sans croire à un mirage, que l’on entend chanter les chemins.

Illustrant cet esprit qui virevolte de la terre à la physique quantique, Eric van Osselaer a créé en direct, dimanche 1er septembre, à Saint-Ay, une musique légumineuse à coups de basse-tèque, de flûte patatière, de pomme frottée qui rougit, de clarottinette, d’endive sifflée, de céleri bongo ou de caisson de citrouille, le tout donnant naissance à une transcendantale technaubergine…

Oui, c’est bien de la nature que les chemins nous ont parlé ! Vendredi 31 août au soir, à Lailly-en-Val, Adama, le conteur du Mali, du Sénégal ou de Sierra-Léone, s’en était d’ailleurs fait le porte-parole : « L’eau du fleuve ne retourne jamais à sa source », tonnait-il. En Afrique, la mère et l’océan répondent au même nom de Ba. « La vie vient de l’eau. »

Pélobates et salamandres

Non loin de là, quelques heures en amont de ce premier des trois jours de fêtes organisés par la compagnie balgentienne – un dispositif aussi remarquablement solaire en milieu rural -, nous cherchions l’eau, justement. L’eau qui avait disparu. Un air quasi brûlant l’avait remplacée sur une terre grise et fissurée où même les insectes ne s’attardent pas.

Où les herbes pour durer s’endurcissent, suivant l’exemple piquant des chardons. Grâce aux conseils avisés des représentants du Conservatoire des espaces naturels qui gère ce site de 80 hectares, nous pouvions découvrir dans ce milieu sec et craquant sous nos pas des fougères ou des plantes carnivores.

En d’autres temps, on y discuterait avec des perdrix, des alouettes, des grues ou des cigognes… On distinguerait le pélobate creusant avec ses coudes pour protéger dans le sable sa peau fragile de crapaud fouisseur. On observerait les salamandres s’enlacer sous les feuilles sombres tombées au pied des arbres isolés.


Connaître, respecter, valoriser

Ce jour-là, à la musique, au soleil et aux hommes, il manquait donc un élément majeur : l’eau. Plus une goutte dans ces mares recréées en plein champs à l’endroit où elles existaient dans les années 50, avant de disparaître, victimes de leur apparente inutilité, puis de réapparaître, sous l’impulsion des écologues.

Une trentaine d’espèces végétales protégées, des batraciens et des tritons s’épanouissent pourtant ici, malgré la parcellisation et l’agrochimie des années passées, malgré l’impitoyable sol d’argile. Malgré l’absence d’un système de drainage, qui limiterait certes les apports en période de pluie mais garantirait des réserves en cas de sécheresse. L’exploitation passe actuellement en bio. L’expérience dira quel impact cela peut avoir sur la faune et la flore locale, la biodiversité de ce milieu exceptionnel.

Quant à celle des Chemins qui parlent, elle a ouvert une voie qu’il nous faut tous explorer désormais. Mieux connaître notre environnement et le respecter, mieux comprendre ceux qui cultivent la terre que l’on partage et les accompagner dans le changement que l’on espère : mieux consommer, mieux se comporter. Apprendre les uns des autres. Parler aux hommes, aux femmes, aux enfants, aux anciens, parler au temps, aux fleurs, à la terre et aux chemins. Se parler et s’écouter.


La quête de sens

Entendre les Lettres prendre leur envol, portées par les voix ailées des fous de bassan ! Percevoir les doutes, les incertitudes ou les angoisses des hommes et des éléments, à propos du climat, de la pollution du sol ou de l’alimentation. Mais aussi les échos et les reflets de l’histoire, des traditions et des usages, autant que les désirs de changement, de nouveau monde et de transition. L’ambition paraît inaccessible. Mais l’idéal est à l’homme aussi vital que l’air, l’eau, la terre et le feu.

C’est peut-être cette quête d’absolu - ou cette éternelle insatisfaction qui nous habite, ou la foi qui nous étreint devant la beauté de l’aube, bref, donnez à cette pulsion de vie le nom que vous voudrez - qui a aussi inspiré au Mouliln Laurentais, à Huisseau-sur-Mauves, le développement d’une chaîne complète qui va de la semence des céréales à la commercialisation directe des pâtes, en passant par la culture et la transformation en laboratoire. Une agriculture raisonnée, fruit d’une passion familiale, que le public était invité à découvrir, le dimanche, le goût de la farine blanche dans la bouche.

C’est elle encore dont l’on capte les vibrations quand a témoigné André Fouchard, maraîcher bio, spécialiste en agrologie, le dimanche à Saint-Ay. Quand un agriculteur de Tavers a laissé une belle et sincère émotion repeindre la description qu’il a faite de son métier de céréalier. C’est cette petite note, dont l’on perçoit tous qu’elle est un bien commun mais que chacun traduit pourtant d’une façon particulière. Cette petite voix qui nous met tous d’accord mais à laquelle chacun apporte sa pondération personnelle…


Assurer la continuité

Quand les chemins parlent, ils expriment à la fois notre diversité et notre communauté, notre multiplicité et notre unité. Qu’y a t-il de plus humain finalement, que de chercher à jamais entre nous le juste équilibre entre nos différences et nos ressemblances ? Et de savoir quelle part de soi concéder à l’autre, ou, autrement-dit, quelle place reconnaître à l’autre en soi ? Le respect, la bienveillance, autant de valeurs essentielles à l’écoute et à la compréhension.

Autant de chemins à emprunter pour progresser et évoluer ensemble. Les fous de bassan ! ont permis à plusieurs centaines de personnes de faire un premier pas. D’autres mouvements actuels, ici et ailleurs, en France et à travers la planète, chacun à sa manière, en font de même. Et, si les petites gouttes d’eau font au final les grandes rivières, il s’agit désormais d’imaginer comment créer du lien entre tous ces projets vertueux pour qu’ils s’assemblent et se renforcent à la hauteur des enjeux.

A l’image des gènes qui composent notre ADN, c’est bien l’union des différences qui aboutit à l’unité et à la Vie. Hors cette entente, on ne pourra que suivre du regard l’écho de chaque effort produit, de son affaiblissement jusqu’à sa disparition. Il est donc temps d’agir. C’est ce qu’ont fait les fous de bassan !, parfois contre vents et marées, pour produire les Chemins qui parlent en 2019, après les Envolées de Lettres en 2016 et 2017, elles-mêmes suivant les Lettres de Pays de 2012 à 2014. Sept ans. C'est le commencement.

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origaud@terresdeloire.com (Olivier Rigaud) En vedette NATURE Sun, 15 Sep 2019 19:01:38 +0000
Contrechamps : un autre modèle agricole est possible http://www.terresdeloire.com/index.php/fr/nature/2847-contrechamps-un-autre-modele-agricole-est-possible http://www.terresdeloire.com/index.php/fr/nature/2847-contrechamps-un-autre-modele-agricole-est-possible

L’agriculture est en crise nous dit-on ! Mais quelle agriculture ? Alice Enaudeau, rédactrice, et Cyril Chigot, photographe, relayent, dans le très bel ouvrage « Contre champs. Les paysans reprennent la main », un autre discours.

« Nous avons eu le déclic en février 2016 à l’occasion du Salon de l’Agriculture. Les thématiques, les discours étaient toujours catastrophiques alors que nous rencontrions pendant nos activités professionnelles, des agriculteurs vivant correctement de leur métier. Nous avons donc voulu savoir comment fonctionnaient ceux qui réussissaient », explique Alice Enaudeau. Suite aux rencontres avec des paysans, sortant du modèle agricole dominant, ils ont mis en place une exposition qu’ils ont présentée lors de multiples fête paysannes en région Centre Val de Loire. Face au succès de ces expositions, ils se sont engagés dans la rédaction de l’ouvrage qui a pu voir le jour grâce à une opération de financement participatif vers la plateforme kisskissbankbank.

 

Original dans sa démarche, l’ouvrage, préfacé par Philippe Bertrand, journaliste spécialiste des questions rurales à France Inter, est très intéressant et d’un grand optimisme. « Nous avons toujours reçu un très bon accueil. Ils nous ont accordé beaucoup de temps. Cela prouve qu’ils aiment leur métier, le faire connaître et faire porter un autre discours sur l’agriculture », souligne Alice. Imprimé sur du papier recyclé, « Contre champs » met en avant 11 paysans, justement dénommés « paysans alternatifs » par les auteurs, qui ont tous choisi une voie différente leur permettant de vivre correctement de leur travail, seul ou à plusieurs sur les installations.

Nous découvrons un éleveur de vaches qui transforme son lait en tomme, un boulanger-paysan, une arboricultrice, un éleveur de chèvre cultivant des plantes aromatiques, un céréalier bio en Beauce, une maraîchère urbaine… Autant de portraits qui démontrent qu’un autre modèle agricole, tourné vers l’innovation environnementale, la création d’emploi et le développement rural, est possible en région Centre Val de Loire, région plutôt connue pour son modèle agricole intensif.

Outre ces beaux portraits, les deux auteurs ont également intégré des pages d’une grande qualité sur des thématiques relatives à cette alternative agricole : la filière de l’agriculture biologique, l’enseignement de l’agriculture durable, la vente en circuits courts, la revitalisation des campagnes…

Après quelques rencontres, séances de présentation dans la région, « le retour des lecteurs est très positif et encourageant. C’est comme si les gens avaient besoin de ce retour d’un modèle agricole optimiste, viable et produisant des produits de qualité. Nous continuons à porter ce livre dans des fêtes paysannes, des salons spécialisés, et de nombreuses petites librairies régionales le proposent », conclut Alice Enaudeau. D’ailleurs, si vous ne l’avez toujours pas en votre possession, n’hésitez pas à vous rapprocher de l’association Six Pieds sur Terre qui se fera un plaisir de vous le faire parvenir.

Le livre Contrechamps est autoédité par l’association Six Pieds sur Terre, composée d'Alice Enaudeau, rédactrice, et Cyril Chigot, photographe. Pour acheter l’ouvrage ou suivre l’actualité de l’association : https://www.facebook.com/SixPiedsSurTerreReportages/

http://www.six-pieds-sur-terre-reportages.fr/

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emmanuel.parfait@orange.fr (Emmanuel Parfait) En vedette NATURE Thu, 06 Jun 2019 21:45:24 +0000
L’accès aux services publics dans les territoires ruraux – le cas du Sud Berry http://www.terresdeloire.com/index.php/fr/societe/2845-l-acces-aux-services-publics-dans-les-territoires-ruraux-le-cas-du-sud-berry http://www.terresdeloire.com/index.php/fr/societe/2845-l-acces-aux-services-publics-dans-les-territoires-ruraux-le-cas-du-sud-berry

La Cour des comptes a réalisé une enquête relative à l’accès aux services publics dans les territoires ruraux à la demande du comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale. La création d’une formation interjuridiction a permis d’effectuer ce travail en s’appuyant sur les six chambres de la Cour, complété par les travaux de six chambres régionales des comptes, dont celle du Centre-Val de Loire. Son examen a porté sur le territoire du Cher, et plus spécifiquement celui de la communauté de communes Berry Grand Sud.

Au sein d’un département, lui-même contraint de relever des défis socio-économiques majeurs, la communauté de communes Berry Grand Sud est un territoire rural confronté à de nombreuses difficultés parmi lesquelles une baisse et un vieillissement de sa population, ainsi qu’un taux de chômage élevé conjugué à une activité économique peu favorable. Dans ce contexte, le développement ou, tout du moins, le maintien de l’accès aux services publics, constitue un enjeu politique fort pour les différents acteurs institutionnels face à une population dont le sentiment d’abandon et d’isolement s’avère de plus en plus prégnant.

La Cour a analysé la présence des services publics nationaux et son évolution dans les territoires ruraux au cours des années récentes et n’a pas relevé d’abandon généralisé de ces territoires par les grands réseaux de services publics. Sur celui de Berry Grand Sud, les réseaux de l’éducation nationale et de La Poste (qui a transformé ses points de contact) sont encore présents, les autres opérateurs ayant réduit leurs implantations, dès avant 2013, sans concertation avec les acteurs locaux, et favorisé les démarches numériques.

Alors même que le numérique devient partout un mode normal d’accès aux services, il est, pour les territoires isolés, un mode de recours incontournable et peut devenir un instrument d’égalisation des chances. Encore faut-il que deux conditions soient réunies : que les infrastructures numériques le permettent ; qu’il existe des dispositifs d’accompagnement de la population dont l’âge et les caractéristiques socio-économiques compliquent l’usage des instruments numériques.

Or cette enquête a révélé que ces deux conditions sont loin d’être remplies. Dans le Cher, la couverture numérique mobile et fixe est insuffisante, l’objectif d’apporter à 70% de la population la fibre optique d’ici 2021 paraissant difficilement atteignable et les zones d’habitat dispersé comme le Sud Berry en étant de fait exclu. Par ailleurs, il apparaît nécessaire de professionnaliser et sécuriser l’intermédiation numérique, qui dans le Cher, passe par l’accueil dans différents points d’accès tels que les maisons de services au public (MSAP) et les quelques espaces publics numériques.

L’enquête a également souligné un besoin de clarification des compétences et d’amélioration du pilotage des politiques d’accessibilité au niveau local. Dans le Cher comme ailleurs en France, le schéma départemental d’amélioration de l’accessibilité des services au public présente des limites : quoiqu’il ait été l’occasion d’élaborer un diagnostic et une approche territoriale partagés, son caractère opérationnel reste à démontrer.

L’intercommunalité apparait alors, selon la Cour, comme l’échelon adapté de la mise en œuvre de l’accès aux services public, coordonné au niveau départemental. La communauté de communes Berry Grand Sud, avec son pôle de centralité (Châteaumeillant) et ses deux pôles d’équilibre devrait conforter son action en ce sens et adopter une politique globale qui aille au-delà de projets élaborés au gré des opportunités. Parmi ces actions portées au niveau intercommunal, la création d’une maison de santé pluridisciplinaire et multisites, est une ambition forte sur un territoire de désert médical, qui ne pourra fonctionner que si de nouveaux professionnels s’y installent. Le mode de fonctionnement en exercice partagé n’est pas à ce jour une garantie d’attractivité du territoire pour lequel les dispositifs financiers incitatifs ont jusqu’alors été inefficaces.

Avec la rétractation des réseaux et la fermeture des guichets accompagnant la dématérialisation, les MSAP offrent un accompagnement permettant aux usagers d’accéder à distance aux services de plusieurs opérateurs nationaux (dont Pôle emploi et les services sociaux). Les deux MSAP de Châteaumeillant et Saulzais-le-Potier tiennent une place majeure dans le paysage du Sud Berry. La présence d’animateurs compétents et identifiés par les usagers garantit la réussite de ces dispositifs dont l’activité croît et dont la pérennité dépend essentiellement de la capacité de la communauté de communes à en assumer la charge financière. Les juridictions financières ont par ailleurs souligné l’enjeu de professionnalisation du modèle des MSAP, passant par la création d’un métier reconnu d’agent polyvalent d’accompagnement du public.

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redaction@terresdeloire.com (Rédaction Terres de Loire) En vedette SOCIETE Thu, 04 Apr 2019 20:11:26 +0000